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Dessine-moi un nouveau cadre relationnel

15 juin 2020 | À propos

 

Dessine-moi un nouveau cadre relationnel

« Un portrait n’est jamais simplement réaliste, c’est toujours une interprétation. »

 

Dans ses portraits, Christine Boulanger ne cherche pas à décrire la personne. Les portraits ne se résument pas au dessin. Bien sûr, Christine sait dessiner, mais c’est l’attention portée à l’autre qui est au cœur de l’approche.

 

Découvrez cette approche innovante qui, par la médiation du portrait, permet de développer ses capacités d’attention, de travailler ses « soft skills » et de mieux faire équipe.

 

Développer ses capacités d’attention, travailler ses « soft skills » et faire équipe

 

« Si le visage est le miroir de l’âme, les yeux en sont les interprètes. » J’ai fait mienne cette réflexion de Cicéron. Dans mes portraits, je ne cherche pas à décrire la personne, mais à encapsuler la vie dans un regard. Ma conception du portrait ne se résume pas au dessin. Je sais dessiner bien sûr, mais c’est l’attention portée à l’autre qui est au cœur de mon approche.

 

En atelier, j’invite les participant.es à se dessiner mutuellement. Ce n’est pas une activité ludique visant simplement à « briser la glace ». Dessiner l’autre implique de le regarder, de porter une attention particulière à son égard, à son regard. Dessiner l’autre implique de l’écouter… sans mots et cet échange non-verbal crée un lien particulier.

 

Dessiner l’autre pour développer ses capacités d’attention

 

« Dessiner l’autre m’a mis plus à son écoute. Je me suis senti davantage concerné. » – Loris

 

Regarder l’autre. Le regard est la racine du respect, au sens strict comme au sens figuré car on le retrouve dans l’étymologie latine du mot. Respectus est un dérivé de spectare qui signifie « regarder » et du préfixe re exprimant la répétition.

 

Dessiner l’autre. Si l’on regarde à nouveau l’étymologie du mot, il s’agit de désigner par des signes qui permettent la reconnaissance. Dessiner, c’est reconnaître.

 

Pour dessiner l’autre, il faut l’observer. Observer, c’est remarquer, regarder mais aussi honorer. On observe une règle, une coutume, un usage. Quand j’ai créé Visages d’en Faces, en 2015, après les attentats, je cherchais un moyen d’autoriser la curiosité dans la bienveillance et le respect. Dessiner les autres, les regarder, les écouter, c’était ma manière à moi de lutter contre le repli sur soi.

 

Dessiner l’autre pour travailler ses « soft skills »

 

« On a dû se regarder dans les yeux, au début c’est très gênant, j’ai failli me mettre sous le bureau ! Et finalement, cette approche nous a permis d’évoquer ce que l’on est. » – Rémy

 

Cet exercice, bien qu’inhabituel, n’a rien d’embarrassant. En atelier, les participants n’ont pas besoin de « savoir dessiner ». Il s’agit de sortir de soi pour s’ouvrir à l’autre, d’aller au-delà des a priori et de s’autoriser la curiosité. En dessinant l’autre, on apprend beaucoup sur soi. Chacun est un sourcier pour l’autre et comme le soulignait Margaret Wheatley, « ce n’est qu’au contact des autres que nos dons deviennent visibles, même à nos propres yeux ».

 

Se dessiner mutuellement est un exercice qui permet de développer des techniques d’attention, d’exprimer sa créativité, de faire appel à sa sensibilité et ses capacités d’interprétation du réel.

 

Un portrait n’est jamais simplement réaliste, c’est toujours une interprétation. Le film de Céline Sciamma « Portrait d’une jeune fille en feu », une magnifique histoire d’art, d’amour et d’humanité, montre bien qu’un portrait réussi c’est d’abord une émotion retranscrite sans mots. L’art du portrait est de saisir au vol une expression qui révèle la personne dans son intimité et avec pudeur.

 

Dessiner l’autre pour faire équipe

 

« Les salarié.es se sont reconnu.es dans ces visages, à la fois familiers mais qu’on découvrait aussi pour la première fois avec cette intensité. » – Marc

 

Dans l’approche de Visages d’en Faces, le portrait est une médiation, presque un prétexte. Il permet d’enrichir les échanges, d’impulser de nouvelles conversations et, le plus important, de changer notre manière de regarder l’autre.

 

« Après avoir vu et lu ces portraits, on ne regarde plus les personnes de la même façon. » – Anne

 

En dessinant l’autre, on le regarde, on le remarque, on reconnaît son existence. Chaque visage est unique. Et c’est justement dans cette singularité que réside l’universel. Les portraits dévoilent la singularité des personnes et ce qui nous relie toutes et tous. Les regards, les histoires et leurs échos universels deviennent autant de leviers d’interaction.

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