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Diane

Noisy-Le-Sec

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Diane

« Le médecin me montre des photos, il y a plein de petits points, il m’explique que c’est une tuberculose militaire : ça se multiplie et ça prend chaque partie du corps. Je me dis : “ Sympa ! J’ai une armée dans mon corps. C’est pas possible ! J’ai 17 ans ! Je veux rester en vie. ”

 

 

 

J’ai été hospitalisée pendant des mois. Je ne pouvais plus marcher. Quand j’ai enfin pu sortir de ma chambre, on a fait la course avec une vieille dame pour fêter ça. Toutes les deux en déambulateur jusqu’aux WC : j’ai perdu mais c’était la libération !

 

Le côté positif des choses, c’est mon père qui me l’a légué. […]

 

Plus tard, j’ai eu besoin de mieux comprendre qui j’étais, il y avait des trous dans mon histoire. Ma mère est morte et je ne l’ai pas connue. Alors j’ai décidé de partir en Centrafrique. Là-bas en quelques jours, on avait trouvé toute la famille juste par le bouche-à-oreille : tout le monde se connaît parce que presque tout le monde est soldat ou marié à un soldat.

 

Quand j’ai rencontré mon oncle, il m’a regardée et m’a appelée par le prénom de ma mère. Il voyait sa sœur qu’il aimait tant. Nous avons beaucoup pleuré. Il m’a ensuite montré une photo : j’avais la même tête ! C’était ma tête ! […]

 

Quand je suis rentrée de Bangui, j’étais apaisée. J’avais trouvé un lien du côté de ma mère : j’étais venue la chercher et j’ai réalisé que je l’avais déjà en moi. J’ai aussi découvert l’Afrique et j’ai mieux compris mon père. Et maintenant je sais comment raconter les choses à mes enfants. » 

 

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