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Soumia

Paris 19e

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Soumia

« On trouve toujours des solutions. Il faut d’abord essayer de calmer la personne, identifier ensuite l’origine du problème sur un ordinateur, une imprimante, les stocks…

 

 

 

Certaines vendeuses sont très agréables et redonnent le sourire. Même à distance, on finit par se connaître et s’apprécier. A l’occasion d’un passage à Bruges avec des amis, je me suis présentée dans un magasin. La vendeuse était étonnée : “ Je ne pensais pas que vous étiez aussi jeune. ” »

 

Avec d’autres, c’est plus difficile : « Le fait que je sois une fille, ça ne lui a pas plu. “ Je peux avoir votre collègue ? ” Déjà, le ton de la vendeuse m’avait un peu énervée. “ Il est occupé et personne d’autre n’est disponible pour le moment. ” » Ce qui était réellement le cas.

 

Soumia travaille en alternance au sein d’une équipe de trois personnes pour la hotline d’une grande marque de vêtements : 800 magasins en France et en Europe. Tout le monde parle anglais ; les espagnols et la partie flamande de la Belgique ont un peu plus de mal. « J’ai appris l’anglais sur le tas, je peux maintenant tenir une conversation, y compris sur la partie technique.

 

Travailler dans une hotline n’est pas tout à fait ce que j’aurais voulu faire mais ça m’a aidée à devenir moins timide. Mes proches le voient. Même au travail, on ne me croit pas lorsque je dis que je suis quelqu’un de très timide de nature : “ Toi, timide ? Tu avais l’air d’être sûre de toi au téléphone. C’était carré, y avait rien à redire. ” Donc apparemment, ça a quand même changé quelque chose. » […]

 

Chaque occasion de sortir de sa coquille devient un défi dont on s’amuse, comme l’a fait Soumia en saisissant la balle au bond quand je lui ai proposé de faire son portrait.

 

Et derrière le rideau, on découvre une pionnière : Soumia est la seule fille de sa classe pour le BTS Services Informatiques aux Organisations. « Quand on dit “ informatique ”, on imagine souvent des geeks à lunettes. Les gens sont étonnés quand je leur dis dans quel métier je suis.

 

J’aime bien prendre soin de moi, me sentir féminine. Je trouve que c’est important. »

 

Les mains dans le cambouis, certes, mais sans oublier de rester une vraie nana ! 

 

Rencontre réalisée en août 2016

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