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Yamina

Paris 14e
Paris

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Yamina

 

“I was head cashier for ten years and for my last son, I wanted to negotiate my schedule because I had three children. It was not possible. After that I was unemployed, so I wanted to do something other than stay at home.”

 

 

 

Yamina lives in the 15th arrondissement, […] “there is no social center or childcare center. I went to the Maurice Noguès Social Center just on the other side (in the 14th arrondissement) and I registered: we were able to go out, go on trips…

 

Subsequently, I decided to get my BAFA childcare degree because I like working with children a lot. […] Then I worked for a neighborhood house as a socio-cultural mediator. What touched me was that I do not expect anything from the person in front of me, it’s my job. But some people really want to thank us.

 

An example is a gentleman who says to me, ‘I would like to see someone who could help me make a cover letter for a career change.’ He was a garbage man and he wanted to become a truck driver. He said, ‘Can you help me?’ […]

 

We put the cover letter together and I said, ‘You know what, I’m going to redo it on the computer and I’ll print it for you.’ […] I did some research too, you know, when you go from a garbage man to someone driving the truck, there is more experience, the pay is a bit higher.

 

And so I finished the cover letter. He came back the next day, I read him what we did together and what I added and he was very happy. And I said to him, ‘Well, I hope this letter is going to be positive and you’re going to get a good answer.’ It was to have training so that it could be funded.

 

Before leaving, he pulled out a five-euro bill. He said to me, ‘Here, it’s for your coffee.’ I told him, ‘No, that’s nice, but this is my job, I just hope it’s going to be positive.’” 

 

 

 

English translation by Kenson Toussaint, Salem State University, Salem, Massachusetts USA

 

View English version

 

« J’étais chef caissière pendant dix ans et pour mon dernier fils, j’ai voulu négocier mes horaires parce que j’avais trois enfants. Ça n’a pas été possible. Après j’ai été au chômage donc je voulais faire autre chose que de rester à la maison. »

 

 

 

Yamina habite dans le 15ème arrondissement […] « Il n’y a pas de centre social ou de centre d’animation. Je suis allée au Centre Social Maurice Noguès juste de l’autre côté (dans le 14ème arrondissement) et je me suis inscrite : on a pu faire des sorties, des séjours…

 

Par la suite, j’ai décidé de passer mon BAFA parce que le travail avec les enfants, j’aime beaucoup. […] Ensuite, j’ai travaillé pour une maison de quartier en tant que médiatrice socio-culturelle. Ce qui m’a touchée, c’est que je n’attends rien de la personne qui est en face de moi, c’est mon travail. Mais certaines personnes tiennent absolument à nous remercier.

 

L’exemple, c’est un monsieur qui me dit : “ Je voudrais voir quelqu’un qui pourrait m’aider à faire une lettre de motivation pour un changement professionnel. ” Il était éboueur et il veut devenir conducteur du camion. Il m’a dit : “ Est-ce que vous pouvez m’aider ? ” […]

 

On a monté la lettre de motivation ensemble et je lui ai dit : “ Vous savez quoi, je vais vous la refaire sur ordinateur et je vais vous l’imprimer. ” […] J’ai fait quelques recherches aussi, vous savez, quand on passe d’éboueur à quelqu’un qui conduit le camion, il y a plus d’expérience, la rémunération est un peu plus élevée.

 

Et donc j’ai fini la lettre de motivation. Il revient le lendemain, je lui lis ce qu’on avait fait ensemble et ce que j’ai rajouté et il était super content. Et je lui ai dit : “ J’espère que cette lettre, elle va être positive et que vous allez avoir une bonne réponse. ” C’était pour avoir une formation, pour qu’il puisse être financé.

 

Avant de partir, il sort un billet de cinq euros. Il me dit : “ Tenez, c’est pour votre café. ” Je lui ai dit : “ Non c’est gentil, mais c’est mon travail, j’espère juste que ça va être positif. ” […] 

 

 

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